Pourquoi il n’y a pas d’alignements en Strala Yoga

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Dans cet article, on parle des alignements, aussi absents dans nos cours qu’omniprésents dans la sphère yoga mainstream.

Très souvent, on part des questions et des échanges qu’on a avec nos élèves dans nos cours pour tisser ces articles, mais là, on est plutôt allés chercher dans nos discussions avec des néophytes du Strala Yoga.

Quand dans ces conversations autour du yoga il est soudain question d’alignements, on ne sait plus trop quoi dire pour ne pas jouer les rabat-joie.

On a l’impression de vivre la scène du diplomate à l’anglaise de Rachel dans Friends. Vous savez, quand elle mixe deux recettes et qu’elle sert un gâteau avec des boudoirs, de la confiture, de la crème pâtissière et… de la viande hachée, des oignons et des petits pois !

Tout le monde joue le jeu et fait semblant d’être ok.

Et bien, c’est pareil !

Parce qu’en réalité, c’est sacrément dur de soutenir le système des alignements tel qu’on le conçoit dans le yoga mainstream aujourd’hui.

Surtout une fois qu’on a mis le doigt dans le Strala Yoga ou qu’on se penche d’un peu plus près sur l’anatomie.

Voilà pourquoi !

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Photo : Julian Mathieu

Les alignements, qu’est-ce que c’est ? De quoi parle-t-on exactement ?

Aussi bien pour raconter l’histoire des alignements que pour verbaliser les frictions et les incohérences qui en découlent, on s’appuie énormément sur les ouvrages de Bernie Clark et les excellentes contributions de Paul Grilley, deux références du yoga fonctionnel qui prend en compte les variations anatomiques de chacun.

L’ouvrage incontournable qu’on ne pourra jamais trop recommander, c’est « Votre Corps, Votre Yoga » de Bernie Clark.

Alors, en ce qui concerne les alignements, de quoi parle-t-on exactement ?

On ne peut pas mieux préciser ce que sont les alignements qu’en se penchant simplement sur leur histoire.

Alors, quand sont-ils apparus ?

Beaucoup sont surpris quand on leur dit ça…

Contrairement à ce qu’on pourrait très facilement penser, ils n’ont rien d’ancestral.

Ils ont été créés dans les années 1990, quand le yoga a explosé et qu’on a manqué de professeurs de yoga et de studios pour satisfaire la demande.

Jusque-là, les professeurs étaient formés en suivant un chemin très simple : ils assistaient régulièrement à des cours, puis remplaçaient de temps en temps leur professeur, et finissaient par enseigner eux-mêmes après un certain temps.

Mais comme le dit Paul Grilley, avec ce boom, il a fallu produire des professeurs en masse, et le temps manquait cruellement pour former comme on le faisait jusqu’à présent. Un de ces obstacles qui forcent à l’innovation et que le monde du yoga a enjambé avec brio avec la création des programmes 200h.

La vitesse de production de nouveaux professeurs s’est faite quasi-exponentielle, mais pas sans un certain prix à payer…

Pour former un prof en 200h, il a fallu simplifier, généraliser, accélérer… Et créer “des manuels avec des règles d’alignement strictes et faciles à mémoriser”.

Donc en fait, comme il est mentionné dans l’excellent “Votre corps, votre yoga” : « cette forme d’alignement rigide n’est ni orientale, ni occidentale, ni universelle, elle est le fruit des programmes de formation qui ont voulu simplifier le yoga pour former des professeurs en masse. »

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Photo : Julian Mathieu

Le hic avec les alignements, c’est qu’ils sont faits pour tout le monde, mais ne conviennent à personne

Là encore, les exemples donnés par Bernie Clark sont absolument parfaits :

Nous sommes tous différents : notre taille, notre force, notre souplesse, la taille de nos bras, de nos jambes, la voûte de nos pieds, la courbure de notre colonne, la correction de nos lunettes si on en porte, etc.

La première chose que vous feriez en montant dans notre voiture, c’est de régler le siège et les rétroviseurs.

Ce qui fonctionne pour nous ne fonctionne pas forcément pour vous :

  •     Vous n’iriez jamais prendre le traitement médical prescrit à quelqu’un d’autre
  •     Vous n’iriez jamais conduire en portant les lunettes de quelqu’un d’autre
  •     Etc.

Vous voyez l’idée ?

Dans ce fameux livre « Votre corps, votre yoga », Bernie porte selon nous le coup de grâce avec un schéma montrant les différentes localisations possibles de l’appendice chez l’être humain.

Jugez-en par vous-même :

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Source : Votre corps, votre yoga

Donc, les alignements…

S’ils ont permis de contourner un obstacle en rendant possible la formation en masse de profs de yoga, ils ont surtout contribué à standardiser, rigidifier et limiter la pratique.

Et plus encore, puisqu’on ne pourra pas s’empêcher de noter une incohérence avec une discipline axée sur le bien-être : s’installer dans des postures en suivant des règles strictes qui ne tiennent pas compte de nos corps et leurs différences, ça stresse plus que ça ne détend !

Il n’est pas rare de sortir d’un cours de yoga mainstream plus stressé qu’on ne l’était en arrivant.

Et c’est plutôt logique quand on pense aux effets de tensions non-adaptées à nos tissus, répétées pendant une heure ou plus.

Imaginez une posture dans laquelle on peut facilement trouver un étirement, comme le demi grand-écart par exemple. Si 1) vous rentrez dans la posture et que vous effleurez l’étirement en ne restant que dans la zone agréable qui délie, ou si 2) vous vous placez dans une zone beaucoup plus intense (que vous n’avez pas choisie) et que vous y restez un certain temps (que vous n’avez pas choisi non-plus), le résultat sera totalement différent.

C’est délier les tensions versus en créer.

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Photo : Julian Mathieu

Pourquoi ça coince avec le Strala Yoga ?

Dans les grands principes du Strala Yoga, on a « se sentir bien et être dans l’aisance ».

Et pour ça on va, comme on le dit beaucoup, « pratiquer à la sensation ».

On se sert des infos que nous envoie notre corps pour savoir comment s’installer dans une posture, dans quelle direction aller pour trouver plus de confort, où s’arrêter pour rester dans l’étirement agréable et ne pas franchir la limite de celui qui fait grimacer, etc.

Et l’idéologie de l’alignement s’enraye déjà à ce premier stade, puisqu’elle nous bloque en pilote automatique, là où l’on souhaite justement naviguer en pilote manuel.

On veut explorer les postures et trouver sa propre version pour aujourd’hui, qui tient compte de comment on se sent au moment où on pratique, et pas suivre la même série d’instructions « faite pour tout le monde et qui ne correspond à personne ».

Ensuite, dans le Strala, en anglais (sa langue originale), on utilise beaucoup le mot « ease« .

C’est un mot central, comme nom et comme verbe.

Ce qui s’en rapproche le plus en français, ce serait l’aisance quand on utilise ease comme un nom, et simplifier ou adoucir quand on l’utilise comme un verbe.

Et à chaque fois, les alignements conduisent à l’impasse.

L’aisance n’a que peu de chance d’être sur le chemin, quand l’itinéraire est rigide et ne tient pas compte de nous et de nos différences.

Et simplifier, comme adoucir, ne sont pas permis quand on doit respecter les principes d’alignement.

Très souvent, des élèves nous parlent des cours qu’ils sont suivis par le passé, avant de nous rejoindre, dans lesquels la prof’ passait dans les rangs et tapotait sur un coude plié qu’elle voulait voir tendu, ajustait l’angle d’un bras qu’elle voulait voir horizontal, faisait pivoter une hanche pour faire face au tapis, etc.

Quand, en plaçant les élèves dans une posture (le mot « placer » est plutôt adapté), on les installe de la même manière, en venant les ajuster comme on fignolerait une série de statues toutes identiques, on laisse très peu de place à la douceur.

Et, proposer « une alternative pour celles et ceux qui n’y arrivent pas », c’est souvent un autre moyen de bloquer les élèves qu’on n’a pas réussi à ajuster avec les alignements théoriques, plus que de les libérer d’une contrainte inadaptée.

Donc pour en revenir au concept central d’ease et l’idée de se sentir bien à chaque instant, en appliquant des instructions qui ne sont pas faites pour notre propre corps, c’est impossible.

Tout autant qu’apprécier marcher avec des chaussures deux tailles trop petites, ou flâner dans un musée en portant des lunettes avec une correction 10 fois plus importante que celle dont nos yeux ont besoin.

Enfin, un dernier pilier du Strala pour la route : reconnaître que tout le monde est différent, et faire de ce constat le centre de notre pratique.

Et là, c’est carton rouge d’entrée !

Encore une fois, Paul Grilley le formule très bien :

  • Chaque fois qu’un art est soumis à la production de masse, il est simplifié, codifié et rigidifié
  • Ce qui est plus simple est plus facile à enseigner et à intégrer
  • Mais simplifier donne également lieu à des généralisations imprécises et à une intolérance vis-à-vis de la différence
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Photo : Julian Mathieu

Pourquoi il n’y a pas d’alignements en Strala Yoga ?

Concrètement, l’alignement se fait donc l’anti-Strala Yoga puisqu’il génère du stress, maintient le pratiquant en pilote automatique, éteint la créativité, et va à l’encontre de la base même de notre pratique : tout adapter à soi.

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