La méditation du métro, l’astuce pour celles et ceux qui s’y perdent

Méditer, c’est penser à rien, nous dit-on. C’est faire le vide et calmer notre esprit.

Avec de telles instructions, on s’attend instinctivement à fermer les yeux, puis à déclencher un silence intérieur quasi-total – un peu comme celui qui nous surprend lorsqu’un bruit fort et constant s’arrête brutalement.

Alors quand on s’assoit, qu’on ferme les yeux, et que notre cerveau commence à sauter de pensée en pensée comme un écureuil saute de branche en branche… on ne comprend pas vraiment.

On s’arrête, on recadre notre attention comme un jongleur débutant ramasserait ses balles après un départ chaotique, on rectifie notre assise, on respire un grand coup, et on y retourne.

Une inspiration, une expiration, une inspiration, une expiration, il faut racheter du beurre de cacahuète, oh et du lait de coco pour le curry de ce soir, Guillaume nous a confirmé qu’il venait d’ailleurs ? J’espère qu’on aura le temps de lancer un Unlock, le dernier l’autre jour était vraiment prenant…

Rebelotte !

Le silence s’installe à peine qu’on se retrouve pris dans un courant de pensées, comme une brindille dans une rivière, sans même s’en être aperçu.

Et après deux ou trois essais comme ça, c’est déjà tout un pan des néophytes qui s’arrêtent sur le bord de la route et qui retournent au vestiaire avec l’idée que la méditation, ce n’est pas pour eux, ils n’y arrivent pas.

Quand ils essaient, ils pensent.

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Non attendez, en fait, c’est normal d’avoir des pensées

Parmi les instructions qu’on retrouve souvent dans les livres et les vidéos sur la méditation, il est en fait question de pensées.

Il est tout à fait normal d’en avoir (voilà qui semble régler le problème !)

Il faut les accepter, ne pas « forcer » pour les supprimer.

Il faut juste les laisser passer.

Il faut rester distant et les laisser se dissoudre comme un morceau de sucre dans un thé bien chaud.

Et comment on fait ça ?

C’est plutôt subtil. Et surtout, relativement difficile à communiquer avec des mots.

Mais ce n’est pas pour autant inaccessible, notre méditation du métro est justement faite pour vous apprendre les rudiments de cette relation particulière que vous devez entretenir avec vos pensées pendant la méditation.

Vous verrez, vous comprendrez du premier coup en vous y essayant.

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Mais alors, que doit-on faire quand on médite ?

Ok donc en fait, finalement, on pense, et c’est normal, il y a juste un truc à faire pour gérer les pensées qui émergent.

Mais du coup, ça veut dire que cette histoire de faire le vide, c’est faux ?

Et bien non. Pas tout à fait.

Et c’est là le cœur de cette ambigüité si déroutante autour de la méditation.

Chez les débutants encore en course, elle provoque un vrai court-circuit.

Les instructions semblent se télescoper beaucoup plus qu’elles ne coïncident.

Il ne faut penser à rien et “faire le vide”, et en même temps, on nous parle de pensées inéluctables – qu’il faut, qui plus est, gérer d’une certaine manière.

Concrètement, on a l’impression qu’on nous demande de rester calme tout en faisant des burpees !

Et pour bien faire, ce concert d’injonctions contradictoires est souvent donné après une première partie pleine de jolis rappels un brin condescendants sur la soi-disant simplicité de la méditation.

Il n’en faut pas plus pour induire cette impression si commune chez les débutants de ne tout simplement pas y arriver.

Ce sentiment de se lancer sans avoir bien saisi les règles, de ne pas savoir si ce qu’on fait est correct, et d’échouer quand on se prend soi-même la main dans le sac, ou plutôt, la tête dans la liste de courses.

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Une image vaut mille mots

On vous le disait plus haut, notre méditation du métro, c’est une sorte de tutoriel.

En lisant son script, vous allez déjà très vite comprendre comment démêler toute cette histoire. Et en vous y essayant une dizaine de minutes, tout vous apparaitra parfaitement clair.

Pas besoin d’audio, vous n’avez qu’à lire attentivement les instructions avant de vous lancer.

Rien de compliqué à retenir, vous verrez.

Et vous pouvez y revenir autant que vous voulez pour perfectionner votre gestion des pensées.

C’est à la fois un tuto’ et une méditation à part entière. Elle sera à chaque fois différente et vous permettra donc de pratiquer sans redondance.

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La méditation du métro

Installez-vous confortablement, assis ou allongé.

Fermez-vos yeux et commencez à doucement ramener votre attention sur votre respiration.

Donnez progressivement plus de profondeur à votre inspiration, et allongez tranquillement votre expiration.

Inspirez, expirez, inspirez…

Quand votre respiration est installée, baladez votre attention sur vos points de contact avec le sol.

Essayez de collecter un maximum de sensations possibles, elles seront autant d’ancres qui vous permettront de rester sur place dans le moment présent.

Quand vous aurez terminé votre petit tour, vous pourrez démarrer la visualisation.

Le script

Imaginez une station de métro.

Quand on pense « station de métro », la plupart du temps, ce qui nous vient instinctivement en tête, c’est une station sombre, pas forcément très propre, relativement bondée, bref, rien de bien zénifiant.

Mais là, vous allez imaginer une station de métro différente.

Vous allez imaginer la plus chouette possible.

Celle que vous construiriez si vous aviez carte blanche, et que tout était possible.

Vous pouvez l’imaginer en intérieur, en extérieur, sous une verrière, sous un dôme…

Vous pouvez y mettre des plantes, des fleurs, des parterres de galets, une fontaine, une petite cascade.

Vous avez carte blanche.

Essayez de donner du détail à votre visualisation, amusez-vous à la construire.

Rendez-là agréable, rassurante, zen.

Une fois votre esquisse un peu plus charnue, rajoutez une assise. Votre assise.

Imaginez un banc sur lequel vous allez vous installer pour patienter ici, dans votre station.

Et lorsque c’est fait, passez à la première personne.

Imaginez-vous sur ce banc, et regardez maintenant votre station depuis votre banc.

Prenez quelques instants pour transcrire vos images et imaginer ce que vous voyez désormais.

Votre imaginaire modélise, crée, transforme, donne vie – et vous plonge dans un état de flow doux et restauratif.

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La création du décor se termine tranquillement, nous allons maintenant pouvoir animer notre scène et la rendre vivante.

Nous allons en quelque sorte appuyer sur « play ».

Et naturellement, la première chose qu’on va constater, c’est l’apparition d’un va-et-vient de métros.

Mais pas n’importe quel métro. Vous l’aurez compris, notre station est un peu particulière. Ici, chaque métro qui passe est une pensée.

Vous les voyez arriver, ralentir, s’arrêter, ouvrir leurs portes, les fermer, puis repartir.

Vous avez la possibilité de monter lorsqu’un nouveau métro s’arrête, et donc de vous engager avec cette pensée.

Mais cet exercice va consister à faire l’inverse.

Lorsqu’un nouveau métro s’arrêtera (et donc que vous aurez une nouvelle pensée), restez bien assis sur votre banc. Regardez les portes s’ouvrir, se refermer, et le métro continuer son chemin.

Vous pouvez leur donner des formes et des couleurs différentes, en accord pourquoi pas avec la nature de la pensée qu’ils représentent.

N’oubliez pas, vous avec carte blanche pour dessiner les contours de cette visualisation.

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Il se peut que beaucoup de métros s’arrêtent, qu’ils s’enchaînent à un rythme assez soutenu.

Il est aussi possible qu’il y en ait de moins en moins.

Chaque assise sera différente.

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Pour vous aider à rester tranquille sur votre banc, et pour éviter que, machinalement, vous vous leviez pour entrer dans un des prochains métros, vous pouvez rajouter un détail : un carillon.

Imaginez une façon chouette de le suspendre au-dessus de vous depuis le banc, et lancez cette bande son.

Vous ajouterez un sens de plus à votre visualisation et vous pourrez compter sur une ancre lourde et solide pour rester posé, patient et en conscience sur votre assise.

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Lorsque vous aurez terminé votre méditation, vous pourrez faire un dernier tour de vos sensations. L’assise, la vue depuis votre assise, les sons, peut-être même les odeurs si vous en aviez ajoutées, puis doucement revenir à vous, rouvrir les yeux et remettre un peu de mouvement dans vos mains, vos pieds, faire quelques cercles avec la nuque…

Vous l’aurez compris, cet exercice nous permet de préciser le rapport qu’on entretien avec nos pensées pendant la méditation.

Elles existent, elles vont et viennent, et malgré tout, on ne s’engage pas avec, on les observe passer.

On crée comme une distance qui nous permet, en tendant l’oreille, d’entendre ce silence qui nous recharge.

Cette distance nous permet le vide du fameux « faire le vide ».

Elle nous permet de ne penser à rien (puisqu’on ne s’engage avec aucune pensée).

Aujourd’hui, on fait chauffer le passe navigo

C’est parce que nos journées ressemblent à un voyage en métro chaotique que la fatigue nous accable – et que cette assise nous recharge autant.

Nous passons notre temps à monter dans le premier métro venu, à nous arrêter à une nouvelle station pour reprendre le prochain, nous arrêter… Et ce sans arrêt.

Si cette impression de vagabonder peut nous recharger quand on se balade et que nous enchaînons les esquisses de réflexions sans liens ni logique, l’errance de nos journées est toute autre et très éprouvante à la longue.

La première s’appelle le « mind-wandering ». Il s’agit d’un état reposant pour le cerveau.

Et la deuxième est une chute en avant de stimulations, éreintante au possible, et dont on ne peut se récupérer qu’en dormant pour remettre les compteurs à zéro.

A moins de méditer…

Méditer, c'est simple, mais il y a tout de même quelques petits trucs à savoir

Méditer, c’est à la fois très simple et un brin subtil.

On peut effectivement proclamer qu’il ne suffit que de respirer pour méditer, seulement, c’est quasi malhonnête.

C’est soit commencer par la conclusion, soit aborder la méditation avec l’angle du spécialiste et un langage que lui-seul comprend.

Un peu comme si on vous disait que pour jongler avec 10 couteaux, il faut simplement en lancer un et rattraper le suivant, ou que pour courir un marathon, il faut juste mettre un pied devant l’autre…

Rien de faux, mais rien de pertinent pour les néophytes.

Si vous voulez méditer avec nous

 
La première méditation est dispo en version d’essai dans notre bibliothèque de téléchargements gratuits.
 
Vous retrouverez également via le même lien notre bande son de carillon. Elle dure dix minutes, et à chaque nouvelle minute, un doux carillon viendra vous ramener à votre focus si toutefois vous vous êtes perdus dans vos pensées.
 
Et enfin, si vous voulez vous essayer au Yoga Nidra, la pratique méditative dont nous parlons très souvent sur les réseaux, vous pouvez pratiquer avec le cours d’essai sur la plateforme ou nous rejoindre directement en live ! Le cours du vendredi à 19h est accessible via nos deux abonnements, Practice et Grow.