La base pour réduire la fatigue à la maison

On aurait pu parler de la fatigue des mois d’hiver, des journées courtes et loin du rythme de l’été, et des reliquats d’hibernation toujours dans un coin de notre horloge interne.

On aurait pu parler de la torpeur qui nous touche tous depuis un peu plus d’un an maintenant, accrue par le manque de perspective, l’impossibilité de se projeter ou encore la sédentarité fortement induite par les restrictions de déplacement et les fermetures de salles de sport.

Mais on peut aussi fatiguer l’été, on fatiguait avant d’être confinés, et quand on dézoome sur la frise du temps, on s’aperçoit que naturellement, notre niveau d’énergie a toujours été en dents de scie.

Comme un avion qui a tendance à piquer du nez tout seul et qu’on redresse de temps en temps par un petit coup de manche.

Nous débordons d’envie, les possibilités sont innombrables, la sagesse du repos de maintenance, sans qu’il ne nous soit imposé par un gros coup de mou, n’est pas innée et s’acquiert relativement tard, alors quoi de plus naturel que de perdre quelques plumes régulièrement à trop en faire.

En soit, on s’expose en quelque sorte au revers de la fougue et de l’enthousiasme.

Et à cela s’ajoute bien évidemment la fatigue du travail, du manque de sommeil, du stress ambiant, du stress vif et ponctuel, du manque d’air et du peu de vacances…

Et dans certains cas, on peut même mixer cette fatigue à un certain manque d’envie passager qui tend à nous embourber dans un cycle qui s’auto-alimente. La fatigue ne nous donne pas envie de bouger, notre corps peu utilisé n’est pas invité à prioriser un repos profond la nuit, ce qui nous amène à plat au petit-déjeuner, nous fait dévier de l’action ou d’un peu de sport pendant la journée, ce qui nous fait dormir en surface une fois la nuit tombée, arriver de nouveau à plat devant notre café du matin, etc.

Fatigue

La solution

On connait tous plusieurs façons de refaire le plein d’énergie dans ces cas là.

On peut revoir sa routine du soir pour arriver un peu plus tôt au lit, y placer une ou deux pratiques relaxantes comme la méditation, du yoga doux, de la lecture, des exercices de respiration ou de l’écriture.

On peut placer un temps d’activité physique pas trop tard en fin de journée pour accentuer la fatigue et appuyer plus franchement sur le bouton “repos” du corps durant la nuit.

On peut se recentrer, couper certains projets et certaines activités le temps d’un break. On peut très facilement s’éparpiller, dilapider son énergie dans milles petites activités et délaisser sans s’en apercevoir celles qui sont derrière notre véritable épanouissement et notre stabilité.

Mais ce qu’on oublie très vite, c’est que parfois, la maison n’est pas une bulle de repos, un accu pour se recharger, mais au contraire une ligne de plus dans la colonne des causes de fatigue.

Fatigue

La vraie fatigue du superflu

Le minimalisme à la maison, c’est un gage de calme, de sérénité et surtout de repos.

C’est une façon de sélectionner soigneusement ses possessions, de les conscientiser, de les réfléchir, mais ce n’est pas tout.

Le choix de l’objet qu’on souhaite acquérir et le tri de ceux qu’on possède déjà, c’est la méthode, pas le but ou l’effet.

On s’est vite fourvoyé avec le minimalisme en se focalisant sur l’aspect pratique et surtout, en réfléchissant uniquement à comment obtenir la casquette de minimaliste.

Si bien qu’on ne compte plus les étiquetés minimalistes en burnout après avoir rempli jusqu’à ras bord leur vie de posts Instagram sur le minimalisme.

A la base, on cherche à tendre vers le moins, et à tendre vers du temps pour soi et ses essentiels.

Pas à s’encombrer ni à se surcharger.

Passer ses journées entières à parler du minimalisme, c’est hésiter longuement face à plusieurs variétés de myrtilles pour savoir laquelle contient le plus d’anti-oxydant tout en fumant une cigarette.

Minimalisme

Le minimalisme pour gérer la fatigue

C’est très peu. C’est :

  1. Prendre en main un système pour trier ses possessions actuelles et choisir plus consciemment les futures (on a un article pour ça)
  2. Trouver ce qui nous est vraiment essentiel et se recentrer dessus, en faisant en sorte que notre planning de la journée reflète au mieux ce qui nous est cher (on a également un article pour ça)
  3. Et veiller à ce que ça en reste là, car le reste est superflu
Fatigue

Et alors, pourquoi le minimalisme à la maison va nous aider à gérer la fatigue ?

Pour ça, il faut parler d’un concept très intéressant : les affordances.

De prime abord, quand on considère notre univers, on le pense fait des objets qui nous entourent.

Mais pour notre cerveau, ça va un cran plus loin : notre univers est fait des objets qui nous entourent ET des actions qu’ils nous suggèrent.

Et ces actions, on les appelle des affordances.

Concrètement, si on met une valise devant nous. Cette valise va nous suggérer majoritairement l’action “prendre la valise par la poignée”.

Si on la mettait devant un enfant de 5 ans, on aurait alors autant “prendre la valise par la poignée” que “ouvrir la valise et se cacher dedans” par exemple.

Et si cet exemple de la valise est très simple et ne semble pas nous expliquer quoi que ce soit, vous allez voir avec le prochain à quel point un simple objet peut drainer notre cerveau.

Je suis droitier. Si vous me tendez une tasse de café fraichement servi avec l’anse sur ma droite, l’affordance dominante sera “prendre la tasse par l’anse avec ma main droite.

En revanche, si vous me tendez cette tasse avec l’anse sur ma gauche, les choses se compliquent. Je vais être tenté de :

  • prendre la tasse de la main droite, sans passer par l’anse,
  • prendre la tasse avec ma main gauche pour la tourner, amener l’anse sur ma droite et changer de main pour l’avoir de la main droite avec l’anse,
  • prendre la tasse de la main gauche et boire mon café ainsi,
  • tendre ma main droite et croiser pour aller chercher l’anse dans un mouvement un peu inhabituel,

Les choses ne sont plus aussi simples et un objet très (très) simple s’est retrouvé l’origine d’une arborescence d’actions de façon assez démesurée.

Et si on obtient tout ça avec une tasse de café, imaginez ce qu’on obtient avec une pièce encombrée.

Certes notre cerveau est capable de gérer un nombre assez vertigineux d’actions en simultané, mais la surcharge est belle et bien réelle lorsqu’on étend ce phénomène à l’échelle d’une pièce tout entière, qui peut contenir des centaines d’objets lançant chacun plusieurs affordances comme on l’a vu.

Fatigue

Ce qu'on peut en faire

Le bordel nous fatigue. Chacun d’une façon différente, mais qu’on s’y sente bien ou non, une pièce surchargée va forcément nous drainer de l’énergie.

Et puisque d’une part, ranger, trier et nettoyer sont les grands surpuissants discrets du développement personnel (quand on range sa maison, on range aussi sa tête), et qu’une maison épurée nous recharge, s’y atteler a tout d’une excellente pratique zénifiante sur tous les plans.

Ce ménage de printemps pourrait très bien se faire la bouffée d’air dont vous ressentez grandement le besoin.

Renouvelez, décidez, arrangez, optimisez, épurez.

Votre maison, c’est votre tête, allégez vos pièces autant que vous voulez de simplicité dans votre esprit.

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Les vampires de notre attention

Abordons ensemble quelques détails de ce rangement.

Vous pouvez vous reporter à notre article “4 questions à se poser face à un objet” pour les grandes lignes, et lire ce qui va suivre pour quelques infos supplémentaires.

Téléphones, tablettes, consoles, télévision, la tech dans son ensemble est designée autour de la captation de notre attention.

Aujourd’hui, une des ressources qu’on vend le plus cher et autour de laquelle beaucoup d’ambitions sont condensées, c’est du temps d’attention ou comme certains l’appellent, du temps de cerveau disponible.

Il n’y a qu’à voir comment Netflix articule son algorithme et sélectionne méticuleusement les vignettes des programmes qu’il nous suggère autour de nos préférences pour comprendre que rien n’est laissé au hasard. Et surtout qu’absolument tout est optimisé dans ce sens : capter notre attention, et nous faire rester le plus longtemps possible.

Pour s’en rendre compte, je vous suggère vivement l’excellente vidéo d'”Un Créatif” sur le sujet. Il décompose la méthode employée par Netflix pour capter le maximum d’attention et accroitre la rétention des abonnés.

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Et tout ça, ça a un prix

Un prix en temps, ça on en est facilement conscient, et un prix en énergie.

Et ça, on n’y pense pas tout de suite.

On peut vite passer à côté et se retrouver fatigué, drainé sans s’en rendre compte, et dilapider son énergie tout en essayant d’en récupérer en faisant du yoga, de la méditation, de la respiration…

Amener notre intérieur au premier plan lorsqu’on souhaite retrouver notre forme, notre engouement, notre énergie et notre légèreté, c’est un absolu aujourd’hui.

Et aller en ce sens, c’est gagner beaucoup de travail personnel au passage.

Sur la route d’un dégrossissement et du rangement, on passe gratuitement les péages d’une vraie pratique de développement personnel.